Bientôt tous diplômés d’Harvard et Stanford

Stanford, Harvard ou le MIT proposent gratuitement leurs cours en ligne et délivrent des petits certificats à des millions de personnes de par le monde.

Andrew Ng est professeur d’Intelligence Artificielle à Stanford. Chaque année, 400 étudiants bénéficiaient de son enseignement. Désormais, ils sont 100 000 à suivre son cours sur Coursera, un portail qu’il a imaginé avec une collègue, pour proposer gratuitement les cours en ligne de la prestigieuse université. En restant dans sa salle de classe, il aurait eu besoin de 250 années d’enseignements pour parvenir à ce résultat!

Un secteur en pleine expansion

Le professeur Ng n’est pas une exception. En juin, quelque 680 000 étudiants venant de 190 pays étaient inscrits sur Coursera. Et les vidéos avaient été visionné près de 14 millions de fois. Des chiffres impressionnants pour un site lancé il y a quelques mois. Les universités ne s’y trompent pas: 33 établissements prestigieux ont déjà rejoint la plateforme. Brown, Columbia ou Duke aux Etats-Unis, mais aussi l’école Polytechnique de Lausanne en Suisse ou les universités de Londres et Hong-Kong. Ce succès réjouit John Hennessy, président de Stanford, pour qui les amphis «ne constituent pas un bon environnement pour apprendre.».

Toutes les grandes universités veulent innover, explorer les nouveaux modes d’éducation offert par le numérique. En mai, Harvard et le MIT se sont alliés pour lancer à leur tour une plateforme équivalente nommée edX ,à laquelle Berkeley vient de se joindre.

Pourquoi ces universités élitistes se lancent-elles dans l’aventure de l’éducation gratuite? Pourquoi offrir des cours que d’autres sont prêts à payer extrêmement cher? Avant tout pour garder leurs places de leader, ce qui implique de recruter les meilleurs étudiants du monde entier. Cette initiative leur permet de promouvoir leur image de marque à l’international, auprès de publics qu’elles auraient du mal à toucher autrement notamment dans les pays en voie de développement.

Un moyen de baisser les coûts des universités

Ces plates-formes en accès libre servent aussi de laboratoire pour améliorer la technologie et tester ce qui sera la pédagogie de demain: «être assis dans un amphi pour écouter religieusement un professeur n’est pas très gratifiant, et ce n’est pas la façon dont les étudiants veulent apprendre, en particulier cette génération.», explique Daphne Koller, co-fondatrice de Coursera.

Les avantages potentiels ne s’arrêtent pas là. En effet, en remplaçant certains cours par des vidéos réalisées par les professeurs, ceux-ci disposeront à la fois de plus de temps pour leurs étudiants et pour leurs recherches. Sans parler des économies que cela laisse envisager pour les universités. «Il est important de comprendre que les professeurs représentent le poste budgétaire le plus important dans l’éducation. Si vous pouviez doubler le nombre d’étudiants par université en réutilisant des supports online, sans diminuer la qualité de l’apprentissage, vous pourriez réduire de manière significative le coût de l’instruction.» explique le président de Stanford.

Un système qui doit encore s’améliorer

Si ce dernier prédit un avenir radieux à ces cours, ils ne peuvent pas encore être assimilés à des formations diplômantes. Le système repose en effet sur l’honneur, la triche y est donc possible. Cela explique la faible valeur attribuée aux certificats délivrés à la suite de ces formations. Une solution qui s’adresse donc aujourd’hui avant tout aux personnes souhaitant faire de l’auto-apprentissage ou de la formation continue.

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