Les règles qui décident réellement de votre passage en année supérieure : validation d'un semestre, capitalisation, passage conditionnel à 70 % des crédits, et la limite de deux inscriptions par année d'étude.
Connaître la structure du LMD ne suffit pas. Ce qui décide de votre année, ce sont les règles de validation et de passage — et beaucoup d'étudiants les découvrent au moment du jury, quand il est trop tard.
Cette fiche les réunit, telles qu'elles figurent dans les décrets sénégalais. Pour la structure d'ensemble (grades, durées, valeur du crédit), voir Le système LMD au Sénégal.
Valider une UE, valider un semestre
Une unité d'enseignement est validée si la note obtenue atteint la moyenne ; elle peut aussi l'être par compensation entre ses éléments constitutifs (article 27 du décret 2012-1114).
Un semestre est validé de deux façons (article 28) : soit toutes ses unités d'enseignement sont validées, soit par compensation intra-semestre, c'est-à-dire si l'étudiant obtient la moyenne entre les différentes UE du semestre, affectées de leurs coefficients.
Retenez le mot intra. La compensation joue à l'intérieur d'un semestre. Le décret ne prévoit pas de compensation d'un semestre par un autre : c'est une différence de fond avec le système français, où la compensation annuelle est la règle. Un étudiant sénégalais qui compte sur un « bon deuxième semestre » pour rattraper le premier se fonde sur une règle qui n'est pas écrite ici.
Ce qui est acquis l'est définitivement
« Tout semestre validé est définitivement acquis » (article 29) et les unités d'enseignement validées « sont définitivement acquises et capitalisables » (article 27) — le lexique du décret parle de reconnaître « à vie » cette possession. Un étudiant ne peut pas non plus demander à repasser ce qu'il a validé.
C'est une protection réelle : en cas de redoublement, vous ne recommencez que ce qui n'est pas acquis.
Passer en année supérieure : de plein droit, ou sous condition
Le décret organise deux régimes, et c'est le second qui est mal connu.
- Licence 1 vers Licence 2, de plein droit : avoir validé les semestres 1 et 2, soit 60 crédits (article 9).
- Passage conditionnel : l'inscription en L2 est aussi ouverte à l'étudiant ayant « validé et capitalisé au moins 70 % des 60 crédits de la Licence 1 » (article 9) — soit 42 crédits.
- Licence 2 vers Licence 3 : les semestres 1 à 4 validés, ou le passage conditionnel avec au moins 70 % des crédits des semestres 3 et 4 (article 10).
- Master 1 vers Master 2 : le décret 2012-1115 (article 9) vise l'étudiant ayant validé les deux semestres du Master 1, et celui ayant capitalisé au moins 70 % des 60 crédits du Master 1 — même logique de seuil que pour la licence.
Le passage conditionnel n'est pas un blanc-seing : les crédits manquants restent dus. Tant que l'étudiant n'a pas soldé les dettes du niveau inférieur, il ne peut pas franchir le palier suivant. Beaucoup d'étudiants « conditionnels » découvrent en fin d'année que leur inscription en année supérieure ne validait rien du niveau précédent.
La règle la plus lourde de conséquences : deux inscriptions
« Les étudiants prennent au maximum deux inscriptions administratives annuelles par année d'étude » dans le cursus de la licence (article 11).
Autrement dit : on ne peut faire sa L1 que deux fois. Après deux inscriptions en L1 sans l'avoir validée, l'étudiant ne peut plus se réinscrire dans ce cursus. Une inscription supplémentaire peut être accordée à titre dérogatoire, mais uniquement en Licence 3, par le doyen ou le directeur de l'établissement.
La même limite existe en master : « les étudiants prennent au maximum deux inscriptions administratives annuelles par année d'étude dans le cursus du master » (décret 2012-1115, article 10).
C'est la règle qui transforme une première année prise à la légère en impasse. Elle vaut d'être connue dès l'inscription, pas au deuxième semestre.
L'assiduité conditionne l'accès à l'examen
« Seuls peuvent se présenter à l'examen les étudiants ayant satisfait aux conditions d'assiduité aux séances de travaux dirigés et/ou de travaux pratiques » (article 25). Manquer ses TD n'est donc pas un arbitrage entre confort et notes : cela peut fermer l'accès à l'épreuve.
Changer de filière ou d'établissement sans tout perdre
Les établissements « mettent en place des passerelles » permettant de passer d'une filière à une autre, interne ou externe (article 19). Et en cas de changement d'établissement dans une même formation, les crédits déjà délivrés restent définitivement acquis (article 30) : seuls les crédits manquants sont à valider.
Les institutions doivent par ailleurs mettre en place des dispositifs d'accueil, d'information et d'orientation (article 12) — un droit dont peu d'étudiants se saisissent.
Une réserve importante
Les règles ci-dessus sont nationales : elles s'imposent à tous. Mais chaque établissement fixe ses propres modalités de contrôle des connaissances, et certains sont plus stricts que le décret — sur les seuils de compensation, les rattrapages ou les conditions de jury. Le règlement pédagogique de votre faculté prime sur ce que vous lirez ailleurs, y compris ici : demandez-le à l'inscription.
Pour choisir la voie où ces règles s'appliqueront, voir Après le bac au Sénégal et le guide complet de l'orientation.
Sources : décret n° 2012-1114 du 12 octobre 2012 relatif au diplôme de licence (articles 9, 10, 11, 12, 19, 25, 27, 28, 29, 30 et lexique) ; décret n° 2012-1115 du 12 octobre 2012 relatif au diplôme de master. Textes publiés par le MESRI (mesrisenegal.sn). Les modalités de contrôle des connaissances propres à chaque établissement peuvent être plus exigeantes.






