Rien n'est perdu

Se tromper de filière n'est pas perdre son année

Une mauvaise première année n'efface rien de ce que vous avez validé. La loi le dit noir sur blanc — encore faut-il agir avant que les options ne se referment.

La peur qui bloque plus de choix qu'elle n'en protège

Beaucoup de bacheliers s'accrochent à un premier choix par peur d'avoir « perdu leur année » s'ils changent d'avis. C'est une peur compréhensible, et elle est en grande partie infondée : le droit sénégalais protège précisément ce que vous avez acquis, même si vous changez de filière ou d'établissement en cours de route. Cette page explique ce qui reste, ce qui coûte réellement cher, et à qui parler avant de décider — dans la continuité de l'article Orientation : trois repères pour faire le bon choix.

Elle prolonge la méthode du dossier Bien choisir sa filière quand on ne sait pas quoi faire, et renvoie, pour la procédure complète de réorientation, au dossier dédié : Se réorienter et reprendre ses études.

Ce qui reste acquis, même en changeant de voie

Le décret n° 2012-1114 relatif au diplôme de licence est explicite sur ce point, à ses articles 27, 29 et 30 : les crédits que vous avez validés sont acquis définitivement. Une unité d'enseignement réussie en première année, par exemple, reste à votre actif même si vous vous réorientez ensuite vers une autre filière — elle ne s'efface pas parce que vous changez de voie. Le même décret prévoit, à son article 19, des passerelles internes entre parcours, qui conservent les crédits déjà obtenus.

Concrètement, cela veut dire qu'une réorientation n'est pas un retour à la case départ. Le dossier Comprendre le LMD, les crédits et les UE explique en détail comment fonctionne ce système d'unités capitalisables — utile pour comprendre exactement ce que vous gardez si vous changez de filière. Et si votre objectif final reste un master, l'article Après la licence rappelle que ce niveau se prépare, réorientation ou pas.

Ce qui coûte cher, c'est le retard, pas l'erreur

La règle qui fait mal n'est pas celle du changement de filière : c'est celle du nombre d'inscriptions. Le même décret (art. 11) limite à deux inscriptions maximum par année d'études dans le système LMD, avec une troisième inscription possible à titre dérogatoire, mais seulement en dernière année de licence (L3). Autrement dit : s'entêter dans une filière qui ne convient pas, en espérant que « ça va passer » à la troisième tentative, se heurte vite à un mur réglementaire — sauf en L3.

Le calendrier compte aussi côté Campusen : la modification des vœux n'est possible qu'avant la clôture de la campagne — passé ce délai, il faut attendre l'année suivante, ou explorer les voies de réorientation en cours de cursus décrites dans le dossier dédié. D'où le message de cette page : ce n'est pas l'erreur de départ qui coûte une année, c'est le fait de la découvrir tard, une fois les portes de calendrier refermées.

Quand décider, et à qui en parler

Une réorientation se prépare, elle ne se décide pas seul un soir de découragement.

  1. 1

    Dès le premier semestre difficile, posez-vous la question sérieusement

    Pas au moment des résultats de fin d'année : dès que vous sentez, en quelques semaines, que la filière ne correspond ni à vos résultats ni à votre façon de travailler — les critères posés dans Commencer par ce que vous savez déjà. Plus la question est posée tôt, plus les options restent ouvertes.

  2. 2

    Parlez-en à un professionnel avant de trancher seul

    Le CNOSP et les 16 CAOSP (cnosp.gouv.sn) ne servent pas qu'avant le bac : un psychologue-conseiller peut vous aider à objectiver une réorientation en cours d'études. Renseignez-vous aussi auprès du service d'accueil et d'orientation de votre établissement, quand il en existe un — voir Se faire accompagner : CNOSP, CAOSP, BAIO.

  3. 3

    Vérifiez d'abord les passerelles internes de votre filière actuelle

    Changer de parcours à l'intérieur du même établissement, en conservant vos crédits (décret n° 2012-1114, art. 19), coûte presque toujours moins cher — en temps et en argent — qu'un changement complet d'établissement. Le détail de la procédure est dans Changer de filière à l'université.

  4. 4

    Si le changement dépasse votre établissement, anticipez le financement

    Un changement de filière peut entraîner des frais supplémentaires — nouvelle inscription, matériel, parfois transport ou logement différents. Anticipez cette question avant l'inscription, pas après : elle fait partie des questions à poser par écrit à tout nouvel établissement, comme détaillé dans Choisir son établissement, pas seulement sa filière.

Ce que cette page ne remplace pas

Cette page pose le principe : rien n'est perdu, à condition d'agir à temps. Elle ne détaille pas la procédure administrative complète d'une réorientation — c'est l'objet du dossier Se réorienter et reprendre ses études, qui couvre le changement de filière en cours de licence, la reprise d'études après une interruption, et la voie professionnelle après le BFEM. Avant de vous réorienter, revérifiez aussi la reconnaissance du nouveau programme visé — voir Vérifier qu'une filière est reconnue — et reprenez, si besoin, l'ensemble de la méthode en cinq questions plutôt que de vous précipiter sur la première alternative venue.

Un dernier repère, pour finir sur une note directe : se tromper de filière à 19 ans n'a rien d'exceptionnel, et ne dit rien de votre valeur. Ce qui compte, c'est la vitesse à laquelle vous corrigez le tir — pas l'absence d'erreur.

Orientation SenCampus

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Questions fréquentes

Si je change de filière, dois-je recommencer à zéro ?

Non. Les crédits que vous avez validés sont acquis définitivement (décret n° 2012-1114, art. 27, 29 et 30), et des passerelles internes permettent souvent de les faire valoir dans un nouveau parcours (art. 19). Ce qui se perd, c'est du temps, pas les acquis.

Combien de fois puis-je me réinscrire dans la même année d'études ?

Deux inscriptions maximum par année d'études dans le système LMD, avec une troisième possible à titre dérogatoire, mais seulement en dernière année de licence (décret n° 2012-1114, art. 11). C'est cette règle, plus que l'erreur de choix elle-même, qui rend l'attente coûteuse.

Puis-je changer mes vœux Campusen si je me rends compte d'une erreur ?

Uniquement avant la clôture de la campagne : la modification des vœux n'est pas possible après. Une fois affecté, un changement passe par les procédures de réorientation en cours de cursus, détaillées dans Se réorienter et reprendre ses études.

À qui parler en premier si je pense me tromper de voie ?

Au CNOSP ou au CAOSP de votre académie (cnosp.gouv.sn), et au service d'orientation de votre établissement s'il en existe un. Un psychologue-conseiller aide à objectiver la décision avant qu'elle ne devienne urgente — voir Se faire accompagner.

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