Master, écoles d'ingénieurs, concours de la fonction publique, étranger : les suites réelles d'une licence au Sénégal, avec les décrets qui les encadrent — pas un calque du système français.
Le master : une admission sélective, pas un droit
Après trois ans de licence, la suite la plus naturelle est le master — mais l'accès n'est jamais automatique au Sénégal. Le décret n° 2012-1115 (article 8) est explicite : « Peut s'inscrire en Master 1, l'étudiant ayant justifié soit d'un diplôme de licence dans un domaine compatible avec celui du master sollicité, soit d'un diplôme admis en dispense ou en équivalence [...]. L'admission n'est pas automatique. Elle se fait par test et/ou examen de dossier. » Chaque master est en outre habilité individuellement, par arrêté ministériel après évaluation de l'ANAQ-Sup : avant de candidater, vérifiez que le master visé est bien habilité et dans quel domaine. Les règles complètes de crédits, semestres et passage sont détaillées dans nos articles Le système LMD au Sénégal et Le LMD dans l'enseignement supérieur au Sénégal : valider, passer, redoubler. Une fois le master en poche, les suites réelles (master professionnel, master recherche vers le doctorat, fonction publique, spécialisation) sont détaillées dans Après le master : les vraies options au Sénégal — nous ne les répétons pas ici.
Licence professionnelle ou académique : la même règle d'accès
Contrairement à la France, la réglementation sénégalaise ne connaît qu'une seule licence (180 crédits, décret n° 2012-1114), avec éventuellement des parcours construits pour préparer à l'insertion professionnelle. Il n'existe pas de catégorie réglementaire « licence professionnelle » distincte qui fermerait ou ouvrirait automatiquement l'accès au master. Le critère qui compte est celui de l'article 8 cité plus haut : la compatibilité de domaine, appréciée au dossier par l'établissement visé — pas l'intitulé de votre licence.
Devenir ingénieur après une licence scientifique
Une licence scientifique (à partir de la deuxième année, L2) donne accès au concours commun REPFIS, qui ouvre les huit écoles publiques d'ingénieurs du Sénégal (ESP, EPT, IPSL, UFR-SI, Polytech Diamniadio, ENSA, ENSMG, ISFAR) pour un cycle ingénieur de trois ans menant au Diplôme d'Ingénieur de Conception. L'inscription se fait sur e-concours.ucad.sn. Ce diplôme d'ingénieur ne confère pas automatiquement le grade de master au Sénégal — voir le détail dans notre fiche Ingénieur au Sénégal : diplôme, concours et reconnaissance et notre dossier Les concours d'entrée aux écoles d'ingénieurs du Sénégal.
Les concours de la fonction publique accessibles avec une licence
Une licence (L3) ouvre plusieurs portes vers la fonction publique sénégalaise, chacune avec ses propres conditions : le concours de greffier au Centre de Formation Judiciaire (CFJ, licence en droit ou diplôme admis en équivalence), le concours d'officier d'active de l'ENOA (licence L3 reconnue CAMES ou équivalent), ou encore le concours FASTEF de l'UCAD qui recrute des élèves-professeurs à trois niveaux d'entrée, dont le niveau licence, via concours.ucad.sn/fastef. Le cadre légal général (hiérarchies A à E, conditions de nationalité et d'âge) et le détail établissement par établissement sont dans notre dossier Comprendre la fonction publique sénégalaise ; pour la haute administration, voir aussi L'ENA, l'École nationale d'administration. Les avis de concours sont annuels : ne vous fiez jamais à une date trouvée sur un ancien article, consultez le Journal officiel, fonctionpublique.gouv.sn ou le site du corps visé.
Partir étudier à l'étranger après la licence
La Direction des Bourses du MESRI gère une campagne annuelle de bourses pour étudier hors du Sénégal, avec candidature entièrement en ligne sur bourseetrangeres.campus.sn — c'est le canal officiel, à préférer à toute offre reçue par un autre biais (la Direction des Bourses a déjà dû alerter sur de fausses campagnes de bourses). Si votre destination est la France, la procédure « Études en France » de Campus France (senegal.campusfrance.org) est obligatoire pour vous y inscrire — mais c'est un opérateur français, propre à ce pays de destination, pas une démarche de l'État sénégalais. Au retour, un diplôme obtenu dans un pays de l'espace CAMES est reconnu de plein droit ; un diplôme obtenu hors de cet espace (France, Maroc, Canada...) passe par un dossier de classement CRCE avant de pouvoir servir pour un concours ou un poste dans la fonction publique. Notre dossier Étudier à l'étranger depuis le Sénégal détaille les trois voies possibles.
Ce qu'on ne peut pas faire directement après une licence
Le doctorat n'est pas accessible directement après une licence : le décret n° 2012-1116 exige un diplôme de master (ou une dispense/équivalence) pour s'y inscrire, pour 180 crédits supplémentaires répartis sur trois ans. Si la recherche vous attire, la voie est donc : licence, puis master recherche, puis doctorat — c'est l'objet de notre fiche Après le master.
Insertion professionnelle et rebond
Une licence suffit aussi, pour beaucoup de diplômés, à entrer directement sur le marché du travail ou à créer son activité, avec l'appui de dispositifs publics d'insertion comme l'ANPEJ ou le DER/FJ.
Et une licence n'est jamais une impasse : le décret n° 2012-1114 (articles 19 et 30) organise des passerelles avec conservation des crédits acquis, pour retenter un concours l'année suivante ou se réorienter vers un autre master ou une autre école.






