Une licence ne suffit pas : le décret sénégalais impose un test et/ou un examen de dossier pour entrer en master. Crédits, mémoire, soutenance et vérification de l'habilitation d'une école privée.
Ce que dit le décret : quatre semestres, 120 crédits après la licence
Le master sénégalais est organisé par le décret n° 2012-1115 relatif au diplôme de master, pris en application de la loi n° 2011-05 du 30 mars 2011. Il se prépare en quatre semestres — deux pour le Master 1, deux pour le Master 2 — pour 120 crédits après la licence. Le cumul depuis le bac (licence puis master) totalise 300 crédits, ce qui explique une confusion fréquente entre les deux chiffres ; le détail est expliqué dans Le système LMD au Sénégal. Le diplôme confère le grade de master et « prépare à l'insertion professionnelle ou à la poursuite des études en doctorat » (article 2).
L'admission n'est pas automatique
C'est le point le plus mal connu, et celui qui coûte le plus cher à ignorer. L'article 8 du décret est explicite : peut s'inscrire en Master 1 l'étudiant justifiant « soit d'un diplôme de licence dans un domaine compatible avec celui du master sollicité ; soit d'un diplôme admis en dispense ou en équivalence ». Et surtout : « L'admission n'est pas automatique. Elle se fait par test et/ou examen de dossier. » Une licence ne donne donc aucun droit d'inscription : chaque université organise sa propre sélection, dans la limite des places disponibles, et le domaine de la licence doit être compatible avec celui du master visé. Dans la pratique, les universités publiques organisent cette sélection par dossier — lettre de motivation, CV, diplômes légalisés — selon des procédures propres à chaque établissement et à chaque filière.
Master « recherche » ou « professionnel » : une même charpente
Les universités sénégalaises utilisent bien les étiquettes « master recherche » et « master professionnel » — mais le décret n'organise pas deux diplômes distincts avec des régimes séparés : c'est un même diplôme, avec deux orientations de parcours.
Une orientation à finalité professionnelle s'appuie sur des partenariats avec le monde socioprofessionnel et un stage en milieu professionnel (article 15) ; une orientation recherche prépare à la poursuite en doctorat (article 2).
Dans les deux cas, la structure du diplôme — quatre semestres, 120 crédits, mémoire et soutenance — reste la même.
Mémoire et soutenance : une étape obligatoire
Le Master 2 comprend un stage ou un projet qui « impliquent la rédaction d'un mémoire ou d'un rapport qui donne lieu à une soutenance » (article 13). Le décret encadre précisément le jury (article 26) : au moins trois membres, dont un enseignant de rang magistral — professeur ou maître de conférences — qui préside, et quatre membres minimum si le directeur de mémoire y siège lui-même. Le master n'est validé que par une moyenne générale d'au moins 10/20 sur l'ensemble des unités d'enseignement des deux semestres du Master 2, soutenance du mémoire comprise (article 32). Le passage du Master 1 au Master 2 suit la même logique de seuil que les passages de la licence, détaillée dans Le LMD dans l'enseignement supérieur au Sénégal.
Un master d'école privée : vérifier l'habilitation
Comme pour la licence, une institution privée ne peut délivrer un master qu'après avoir obtenu une habilitation, accordée par arrêté du ministre chargé de l'Enseignement supérieur après évaluation de l'offre de formation par l'ANAQ-Sup (articles 6 et 7 du décret). Le diplôme est ensuite signé par le ministre et le chef de l'institution habilitée (article 36) — la double signature à chercher sur le parchemin. La méthode de vérification complète (agrément de l'établissement, habilitation à délivrer le diplôme, accréditation du programme précis) est détaillée dans École privée : vérifier que le diplôme est reconnu avant de payer.
Après le master
Les options réellement accessibles ensuite — insertion professionnelle ou poursuite en doctorat — sont détaillées dans Après le master : les vraies options au Sénégal.








