Licence au Sénégal : six semestres, 180 crédits, une habilitation à vérifier

Publié le 16 août 20263 min. de lecture
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Super Admin Lika

Rédaction SenCampus

Licence au Sénégal : six semestres, 180 crédits, une habilitation à vérifier

180 crédits en six semestres, un diplôme signé par le ministre et le chef d'établissement : ce que dit vraiment le décret sénégalais sur la licence, et comment vérifier qu'une école est habilitée à la délivrer.

Un diplôme organisé par décret

La licence sénégalaise est encadrée par la loi n° 2011-05 du 30 mars 2011 et par le décret n° 2012-1114 relatif au diplôme de licence. Elle « prépare à l'insertion professionnelle ou à la poursuite des études » (article 2) et se prépare en six semestres, pour un total de 180 crédits (articles 3 et 4) — trois ans au minimum après le baccalauréat. Le détail des semestres, des crédits et de leur valeur (un crédit sénégalais n'est pas un ECTS européen) est dans Le système LMD au Sénégal ; les règles de passage, de compensation et de capitalisation sont dans Le LMD dans l'enseignement supérieur au Sénégal.

Générale ou professionnelle : un seul diplôme, deux orientations

La loi (article 4) prévoit que la licence « peut être générale ou professionnelle » ; le décret (articles 2 et 16) organise cette distinction au niveau du parcours, pas d'un diplôme séparé : une licence à finalité professionnelle s'appuie sur des partenariats avec le monde socioprofessionnel et une période de formation en milieu professionnel, mais délivre les mêmes 180 crédits qu'une licence générale. Les intitulés « Licence professionnelle X » existent bien, dans la liste officielle des programmes accrédités par l'ANAQ-Sup — par exemple une licence professionnelle en assistanat juridique.

Comment on y accède

L'entrée en première année (L1) se fait avec le baccalauréat ou un titre admis en dispense ou en équivalence ; « l'admission se fait par examen de dossier » (article 8). Peut aussi s'inscrire directement en Licence 3 l'étudiant « titulaire d'un DUEL, d'un DUES, d'un DEUG, d'un DUT, d'un BTS ou d'un titre admis en dispense ou en équivalence » (article 10) — la passerelle qui ouvre la licence aux titulaires d'un BTS.

Le diplôme d'une école privée vaut-il la même chose ?

Toute institution, publique ou privée, peut demander à délivrer une licence — mais seulement après habilitation. L'article 6 du décret est explicite : « L'habilitation à délivrer le diplôme de licence est accordée aux institutions d'enseignement supérieur par arrêté du ministre chargé de l'Enseignement supérieur après une évaluation de l'offre de formation par l'Autorité nationale d'Assurance Qualité de l'Enseignement supérieur ». C'est un contrôle à trois étages :

  • L'agrément autorise l'établissement à exister et à fonctionner (régime des EPES pour le privé).
  • L'habilitation autorise l'établissement à délivrer un diplôme LMD précis, après évaluation de l'ANAQ-Sup — valable dix ans, liste publiée par l'ANAQ-Sup.
  • L'accréditation évalue la qualité d'un programme donné, liste également publiée par l'ANAQ-Sup et distincte de la précédente : un établissement habilité peut proposer un programme non accrédité.

Preuve concrète à chercher sur le parchemin : le diplôme de licence « est signé par le ministre chargé de l'Enseignement supérieur et le chef de l'institution habilitée » (article 33). Une signature manquante est le signe le plus simple qu'un établissement délivre un titre qui n'a pas ce statut. Pour la méthode de vérification complète, voir École privée : vérifier que le diplôme est reconnu avant de payer.

Une reconnaissance qui dépasse les frontières : le CAMES

Au-delà du Sénégal, un canal supplémentaire existe pour les diplômes délivrés par des établissements habilités : le Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES), via son programme de reconnaissance et d'équivalence des diplômes (PRED). Les établissements publics ou privés des États membres ayant une habilitation nationale et au moins une promotion de diplômés peuvent soumettre leurs programmes ; les diplômes reconnus deviennent alors « valables de plein droit ou équivalents » dans les dix-neuf États signataires, pour une durée de cinq ans. Le CAMES ne remplace ni l'agrément ni l'habilitation sénégalaise : il vient après, et suppose que ces deux étapes soient déjà acquises.

Après la licence

La licence conduit au master ou à l'insertion professionnelle. L'entrée en master n'est pas automatique — ce point est détaillé dans notre fiche Master. Pour les débouchés concrets, voir aussi Quel parcours après la Licence ?

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