Redoubler ou être exclu : ce que dit le texte, pas ce qu'on en dit
Un décret, deux chiffres à retenir : deux inscriptions par an au maximum, et des crédits qui restent acquis à vie même en cas d'exclusion. Voici ce que dit vraiment le texte.
Redoublement, échec, exclusion : trois situations à ne pas confondre
Le vocabulaire compte. Un redoublement est une deuxième inscription dans la même année d'étude, prévue et encadrée par le décret. Un échec en fin de cursus après épuisement des inscriptions possibles ferme la voie dans cette filière précise, mais pas dans l'enseignement supérieur en général — les crédits validés restent mobilisables ailleurs. Une exclusion à proprement parler, pour motif disciplinaire plutôt qu'académique, relève d'une autre procédure, propre au règlement intérieur de chaque établissement, non documentée dans les textes consultés pour ce dossier : si c'est votre situation, le règlement intérieur de votre établissement, pas le décret sur la licence, est le texte à consulter en premier.
La règle : deux chances, pas plus, sauf en L3
L'article 11 du décret n° 2012-1114 pose une limite claire : au maximum deux inscriptions administratives annuelles par année d'étude en licence. Une troisième inscription reste possible, mais à titre dérogatoire et en L3 uniquement — accordée par le doyen ou le directeur, pour un cas de force majeure, et après avis d'une instance délibérante. Ce n'est ni automatique, ni un droit qui s'exerce en L1 ou en L2 : un étudiant qui échoue deux fois en L1, par exemple, ne peut pas invoquer cette dérogation pour obtenir une troisième tentative dans cette même année d'étude.
Cette règle s'articule avec le passage conditionnel prévu aux articles 9 et 10 du même décret : le passage d'une année à l'autre est possible dès lors qu'un pourcentage suffisant des 60 crédits de l'année (au moins 70 %) est validé, même sans validation complète. Un étudiant proche de la validation totale peut donc parfois progresser sans attendre d'avoir tout validé, ce qui limite mécaniquement le nombre de redoublements réellement nécessaires.
Ce qui reste acquis, malgré tout
Un redoublement, voire une exclusion, n'efface pas ce qui a été validé. Les articles 28 à 30 du même décret sont sans ambiguïté : une unité d'enseignement validée l'est définitivement, un semestre validé vaut 30 crédits acquis à vie, et ces crédits restent acquis en cas de changement d'établissement dans la même formation. C'est l'argument à faire valoir pour toute reprise ultérieure ou tout changement de filière — y compris des années après l'exclusion elle-même, sans limite de durée documentée dans les textes consultés.
Redoublement en licence : la mécanique exacte
Trois notions à ne pas confondre, chacune régie par un article distinct du décret n° 2012-1114.
| Ce que dit le texte | Article | |
|---|---|---|
| Passage conditionnel | Passage possible dès 70 % des 60 crédits de l'année validés, même sans validation totale | Art. 9-10 |
| Redoublement | Deux inscriptions administratives maximum par année d'étude | Art. 11 |
| Dérogation exceptionnelle | Troisième inscription possible en L3 uniquement, cas de force majeure, avis d'une instance délibérante | Art. 11 |
| Conservation des crédits | UE validée définitivement acquise ; semestre validé = 30 crédits acquis à vie | Art. 28-30 |
Si vous avez épuisé vos inscriptions
Trois réflexes, dans cet ordre, avant de prendre une décision définitive.
- 1
Demandez votre relevé de crédits validés
C'est le document qui prouve ce que vous conservez, quelle que soit la suite. Demandez-le à votre scolarité avant toute autre démarche, et gardez-en une copie personnelle en plus de l'exemplaire remis à un nouvel établissement.
- 2
Explorez les passerelles internes
Une réorientation vers une autre filière peut valoriser les crédits déjà acquis — voir Changer de filière à l'université.
- 3
Envisagez une reprise en formation continue
Certains cursus prévoient des aménagements pour les publics engagés dans la vie professionnelle (art. 20, décret n° 2012-1114) — voir Reprendre ses études quand on travaille.
- 4
Sollicitez un avis neutre avant de décider
Une exclusion après plusieurs redoublements est une étape difficile à traverser seul. Le CNOSP peut aider à objectiver les options restantes plutôt que de décider sous le coup de la déception — voir Se faire accompagner.
Qui décide, et sur quels critères
La dérogation en L3 n'est jamais de droit : elle est accordée, ce qui suppose une décision motivée, prise par le doyen ou le directeur de l'établissement, après avis d'une instance délibérante (généralement le conseil pédagogique ou une commission équivalente selon les établissements). Le décret encadre la procédure — décideur identifié, condition de force majeure, avis collégial — mais ne définit pas précisément ce qui constitue un « cas de force majeure » recevable : c'est laissé à l'appréciation de chaque établissement. Un dossier de demande solide expose donc les circonstances précises (santé, situation familiale, contraintes professionnelles) et s'appuie, si possible, sur des pièces justificatives.
Pourquoi cette limite existe, et ce qu'elle protège
La limitation à deux inscriptions par année d'étude n'est pas propre au Sénégal : c'est un principe classique du système LMD, pensé pour éviter qu'une année universitaire ne se transforme en cycle sans fin, coûteux pour l'étudiant comme pour l'établissement. Elle a une contrepartie directe, souvent ignorée : c'est précisément parce que le redoublement est plafonné que le législateur a rendu les crédits définitivement acquis (art. 28-30) — sans cette garantie, un étudiant qui épuise ses deux inscriptions sans valider son année perdrait tout, sans recours. Comprendre ce lien entre les deux règles change la façon d'aborder un second échec : ce n'est pas la fin du parcours, c'est la fin d'un essai dans cette filière précise, avec un acquis réel à faire valoir ailleurs.
Redoublement et bourse : un angle mort à anticiper
Un redoublement peut avoir des conséquences sur le maintien d'une bourse d'études, selon les critères propres à chaque programme de bourse — nationale ou étrangère. Nous ne publions pas de règle générale sur ce point : aucune source officielle consultée pour ce dossier ne détaille les conditions de maintien ou de suspension d'une bourse en cas de redoublement. Si vous êtes boursier et que vous envisagez ou subissez un redoublement, contactez la Direction des Bourses ou l'organisme qui finance votre bourse avant que la situation ne se régularise d'elle-même — un signalement tardif est toujours plus difficile à traiter qu'une question posée à temps. Voir aussi Financer sa reprise d'études.
Une année perdue, un dossier bloqué, une reprise à organiser ?
Dites-nous où vous en êtes — bac non obtenu, année non validée, filière qui ne vous correspond pas, reprise après des années de travail — et ce que vous visez. Un conseiller SenCampus vous dit quelles voies vous restent réellement ouvertes, et vers quels établissements de notre annuaire vous tourner.
Les BTS référencés sur SenCampus
L'article 10 du décret ouvre l'accès direct en L3 aux titulaires d'un BTS ou d'un DUT : un cursus court peut donc être un détour, pas un renoncement. Voici les BTS de notre annuaire.
BTS QHSE
IFAA · Dakar
BTS Informatique de Gestion
IFMEN · Dakar
BTS Génie Civil
IFMEN · Dakar
BTS Infographie
IFMEN · Dakar
BTS Commerce International
UCAO · Dakar
BTS Comptabilité Gestion
UCAO · Dakar
Questions fréquentes
Combien de fois peut-on redoubler une année de licence ?
Deux inscriptions administratives maximum par année d'étude. Une troisième est possible, mais uniquement en L3, à titre dérogatoire, accordée par le doyen ou le directeur pour un cas de force majeure (art. 11, décret n° 2012-1114).
Qui décide de la dérogation en L3 ?
Le doyen ou le directeur de l'établissement, après avis d'une instance délibérante, et uniquement en cas de force majeure. Ce n'est pas une démarche automatique, et le décret ne définit pas précisément ce qui constitue un cas recevable : chaque dossier s'apprécie au cas par cas.
Si je suis exclu, mes crédits sont-ils perdus ?
Non. Les unités d'enseignement validées et les semestres validés restent acquis à vie (art. 28 à 30, décret n° 2012-1114), y compris en cas de changement d'établissement dans la même formation.
Puis-je me réinscrire dans un autre établissement après une exclusion ?
Oui, et vos crédits déjà validés sont conservés dans la même formation. Les passerelles internes prévues par l'article 19 du décret peuvent aussi ouvrir d'autres filières.
Le passage conditionnel évite-t-il un redoublement ?
Il peut l'éviter partiellement : les articles 9 et 10 permettent de passer à l'année suivante dès 70 % des 60 crédits de l'année validés, sans attendre la validation complète. Cela réduit mécaniquement le nombre de situations où un redoublement complet est nécessaire.
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