Vérifier une école privée de santé, en quatre contrôles
C'est la page la plus utile de ce dossier, et la seule qui puisse vous éviter de perdre trois ans et plusieurs millions de francs. Le secteur privé de la santé compte d'excellents établissements et d'autres qui n'ont pas le droit de délivrer ce qu'ils vendent. Les distinguer prend vingt minutes.
Trois mots qu'on vous présentera comme équivalents. Ils ne le sont pas.
C'est le nœud de tout le sujet, et l'ambiguïté est parfois entretenue. Une école peut être parfaitement en règle pour exister et n'avoir aucun droit de délivrer le diplôme qu'elle vous vend.
- L'agrément d'ouverture est délivré par le ministère de l'Enseignement supérieur. Il autorise l'établissement à fonctionner. C'est le minimum légal, ce n'est pas un label de qualité.
- L'habilitation est l'autorisation, accordée par le ministère, de délivrer des diplômes de l'enseignement supérieur. Elle est accordée pour une durée de 10 ans et fait suite à une évaluation institutionnelle de l'ANAQ-Sup.
- L'accréditation porte sur un programme précis — « licence en sciences infirmières et obstétricales, option infirmier », par exemple — et vaut 5 ans.
Une école habilitée peut donc proposer un programme non accrédité. Et une école agréée peut n'être ni l'un ni l'autre. Les trois se vérifient séparément.
Les quatre contrôles, dans l'ordre
Faites-les avant de payer quoi que ce soit, y compris des « frais de préinscription ». Ils sont gratuits et se font depuis un téléphone.
- 1
L'école est-elle habilitée à délivrer ses diplômes ?
5 mingratuitL'ANAQ-Sup publie une liste filtrable des établissements habilités : anaqsup.sn/habilitations/. On y cherche par nom, par type et par localisation, et l'on y lit l'avis rendu ainsi que la date d'expiration.
⚠ Ne vous arrêtez pas à la présence du nom : regardez la date. Une habilitation vaut 10 ans et peut être arrivée à échéance.
- 2
Le programme précis est-il accrédité ?
5 mingratuitDirection anaqsup.sn/accreditations/. Cherchez l'intitulé exact du programme, pas le nom de l'école. Une accréditation vaut 5 ans : vérifiez là aussi qu'elle est en cours de validité.
- 3
L'école a-t-elle l'agrément d'ouverture du ministère ?
10 mingratuitLe ministère de l'Enseignement supérieur publie la liste des établissements privés bénéficiant d'un agrément. ⚠ La version que l'on trouve le plus facilement en ligne date de février 2022 : ne la traitez pas comme à jour. Demandez la version courante à la direction générale de l'Enseignement supérieur.
- 4
En cas de doute, écrivez à l'ANAQ-Sup
quelques joursgratuitC'est le contrôle que presque personne ne fait, et c'est le plus décisif : secretariat@anaqsup.sn, ou par téléphone au (+221) 33 825 75 18. Une réponse écrite d'une autorité publique vaut mieux que toutes les assurances verbales d'un service commercial.
Ce que vous risquez concrètement
Ce n'est pas un risque théorique. En juillet 2026, le ministère de l'Enseignement supérieur a publié un communiqué rappelant que l'agrément est obligatoire avant tout fonctionnement, citant explicitement la médecine, la pharmacie, l'odontostomatologie, la médecine vétérinaire et la chirurgie dentaire, et annonçant la fermeture immédiate des structures en infraction, sans préjudice de poursuites.
Traduisez : votre école peut fermer en cours d'année. Et si vous allez au bout, un diplôme non reconnu vous ferme les recrutements de l'État, qui exigent le diplôme d'État — c'est-à-dire le premier employeur du secteur.
Deux pièges de nom, qui trompent des familles entières
Le piège « ISEP ». Les ISEP publics (Thiès, Diamniadio, Mbacké, Richard Toll, Bignona, Matam) sont des instituts supérieurs d'enseignement professionnel de niveau bac+2 — et aucun ne propose de filière santé. Il existe par ailleurs à Dakar un « ISEP » qui est un institut privé de santé, sans rapport. Le sigle est le même, l'établissement n'est pas le même, le statut non plus. Toute phrase qui les mélange est fausse.
Le piège du vocabulaire. « Reconnu par l'État », « diplôme national », « en partenariat avec » : aucune de ces formules n'a de valeur juridique en soi. Demandez le numéro et la date de l'acte, puis vérifiez-le vous-même sur les listes ci-dessus. Un établissement en règle vous les donnera sans difficulté ; l'embarras devant cette question est en soi une réponse.
Vous hésitez entre une place publique et une école privée ?
Dites-nous votre série de bac, votre mention et la filière de santé que vous visez. Un conseiller SenCampus vous aide à cibler les voies réellement accessibles — et à vérifier, avant que vous ne payiez quoi que ce soit, qu'une école privée est bien habilitée à délivrer son diplôme.
Les écoles de santé référencées sur SenCampus
Notre annuaire donne l’identité et l’offre de l’établissement — jamais son habilitation. Les quatre contrôles ci-dessus restent à faire, école par école.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre habilitation et accréditation ?
L'habilitation autorise un établissement à délivrer des diplômes de l'enseignement supérieur ; elle vaut 10 ans. L'accréditation porte sur un programme précis et atteste de sa qualité ; elle vaut 5 ans. Les deux se vérifient sur le site de l'ANAQ-Sup, dans deux listes distinctes.
Une école « agréée par le ministère » est-elle sûre ?
Pas nécessairement. L'agrément d'ouverture autorise l'école à fonctionner, pas forcément à délivrer un diplôme. C'est le contrôle le plus faible des trois : vérifiez aussi l'habilitation et l'accréditation du programme visé.
Comment vérifier gratuitement, depuis mon téléphone ?
Deux listes publiques suffisent pour l'essentiel : anaqsup.sn/habilitations/ pour l'établissement et anaqsup.sn/accreditations/ pour le programme. Comptez dix à vingt minutes. En cas de doute, écrivez à secretariat@anaqsup.sn.
Mon école n'apparaît sur aucune liste. Que faire ?
Ne concluez pas seul : une liste peut être incomplète ou datée. Écrivez à l'ANAQ-Sup en donnant le nom exact de l'établissement et l'intitulé du programme, et demandez à l'école copie de ses actes. Faites-le avant tout versement — y compris de frais de préinscription, rarement remboursés.
À lire aussi dans ce dossier
Les voies d'accès après le bac : la carte complète
Médecine, pharmacie, odontologie, ENDSS, centres régionaux du ministère de la Santé, écoles privées : cinq portes différentes, cinq modes de sélection différents. Celle que vous visez détermine tout le reste.
Lire la suite →Médecine, pharmacie, odontologie : comment on entre vraiment
L'accès aux facultés publiques se joue sur Campusen, au classement, et la FMPO n'examine que les candidatures qui l'ont placée en premier choix. Ce détail élimine chaque année des candidats qui avaient le niveau.
Lire la suite →L'ENDSS, mode d'emploi
L'École nationale de développement sanitaire et social est la principale porte publique du paramédical. On y entre par concours, elle est rattachée à l'UCAD, et son offre dépasse largement les soins infirmiers.
Lire la suite →Devenir infirmier d'État
Deux portes publiques — l'ENDSS et les centres régionaux du ministère de la Santé — et une porte privée qui n'a de valeur que si l'école est habilitée. Le diplôme d'État reste le sésame des recrutements publics.
Lire la suite →Devenir sage-femme d'État
Une profession que l'État recrute activement, une formation de trois ans, un concours d'entrée — et une condition d'accès qu'il faut vérifier sur l'arrêté de la session en cours plutôt que sur un forum.
Lire la suite →Les autres métiers de la santé, ceux dont personne ne parle
Orthophonie, ergothérapie, psychomotricité, analyses biologiques, génie sanitaire, maintenance hospitalière, santé communautaire : des filières publiques, moins encombrées, et souvent invisibles dans les conversations d'orientation.
Lire la suite →Combien ça coûte, et qui peut aider
Dans le public, l'inscription annuelle se compte en dizaines de milliers de francs. Dans le privé, en centaines de milliers, voire davantage. Entre les deux, la bourse fait toute la différence — et elle se demande au moment de l'orientation.
Lire la suite →Après le diplôme : ce qu'on peut dire, et ce qu'on ne peut pas
Le ministère de la Santé recrute par appels publics et le diplôme d'État en est la clé. Au-delà, l'honnêteté commande de dire que les données sénégalaises sur l'insertion et les salaires en santé sont rares.
Lire la suite →Les erreurs qui coûtent une année
Elles sont peu nombreuses, toujours les mêmes, et se produisent presque toutes avant la rentrée : un vœu mal placé, une fenêtre de concours manquée, une école choisie sans vérification, un article français pris pour argent comptant.
Lire la suite →
Étudiants, Lycéens, Parents d'élèves
Trouvez la formation idéale
Choisir mon école
- Comparez +388 établissements
- Contactez les écoles directement
- Orientation personnalisée gratuite
Établissements
Référencez votre école
Recruter vos étudiants
- Visibilité auprès de milliers d'étudiants
- Leads qualifiés et géolocalisés
- Tableau de bord de suivi






