Le dossier de candidature
La plupart des candidats éliminés le sont sur pièces, pas sur copies : un casier trop ancien, une légalisation en retard, un dépôt au dernier jour. Ce guide déroule le dossier type pièce par pièce, avec les délais réels.
Un socle commun fixé par la loi, une liste exacte fixée par l'avis
La liste qui fait foi est toujours celle de l'avis de concours. Mais elle ne sort pas de nulle part : l'article 21 de la loi 61-33 fixe le socle — extrait de naissance, certificat de nationalité, casier, certificat de bonne vie et mœurs, pièces militaires, aptitude médicale — et les fiches officielles des écoles le déclinent avec leurs exigences propres. Résultat : d'un concours à l'autre, vous retrouverez 80 % des mêmes pièces, avec des variantes de délais et de format.
Deux précisions légales utiles. Quand le recrutement passe par une « école spéciale ou école d'application » — c'est le cas de l'ENA, du CFJ, des écoles militaires — les examens médicaux sont subis avant l'admission à l'école (art. 21). Et si vous êtes déjà fonctionnaire et changez de corps, la loi prévoit des dispenses de pièces (rédaction de la loi 73-60 de 1973) : inutile de reproduire ce que votre administration détient déjà.
Les agents de l'État qui visent un concours professionnel ont un circuit à part : la demande est transmise par voie hiérarchique, accompagnée d'un certificat administratif attestant le grade et l'ancienneté — le décret du CFJ (art. 37) le formalise, et la règle se retrouve ailleurs. Anticipez large : votre dossier dépend alors aussi de la réactivité de votre administration.
Avant de rassembler quoi que ce soit, vérifiez que vous remplissez les conditions du concours visé, et que l'avis que vous suivez vient bien d'un canal officiel : des frais engagés sur une fausse annonce ne se récupèrent pas.
Constituer le dossier, pièce par pièce
L'ordre ci-dessous n'est pas décoratif : il part des pièces les plus longues à obtenir. Les délais de validité (3 mois pour la plupart) s'apprécient au jour du dépôt — commencez par ce qui se périme le moins vite, finissez par ce qui se périme le plus vite.
- 1
La demande adressée à la bonne autorité
Demande manuscrite ou signée, adressée à l'autorité que désigne l'avis : directeur général de l'école, ministre selon les cas. La signature doit souvent être légalisée en mairie ou au commissariat — une file d'attente à ne pas découvrir la veille de la clôture.
- 2
L'extrait d'acte de naissance
Moins de 6 mois selon l'article 21 ; mais les concours militaires exigent souvent 2 extraits de moins de 3 mois. Prenez systématiquement la version la plus stricte, en plusieurs exemplaires.
- 3
Le certificat de nationalité sénégalaise
Délivré par la justice, à fournir en copie certifiée. C'est l'une des pièces les plus lentes à obtenir : demandez-le dès que vous envisagez sérieusement un concours, sans attendre l'avis.
- 4
Le casier judiciaire, bulletin n° 3
Moins de 3 mois au jour du dépôt. Comme il se périme vite, ne le demandez qu'une fois la fenêtre d'inscription connue — mais sachez où le retirer pour ne pas perdre une semaine.
- 5
Le certificat de bonne vie et mœurs
Prévu par l'article 21, il complète le casier sur le terrain de la moralité. Certains corps y ajoutent leur propre enquête de moralité après le dépôt — c'était une phase éliminatoire de la session ESOGN 2026.
- 6
Les pièces militaires
État signalétique des services ou preuve d'être en règle avec le recrutement de l'Armée (art. 20 et 21). Les candidats aux corps militaires passent en plus par le circuit des bureaux de garnison pour le retrait et le dépôt du dossier.
- 7
Les diplômes, en copies certifiées conformes
Copie certifiée du diplôme exigé par l'avis. Diplôme étranger ou atypique : faites-le classer par la CRCE avant l'inscription — sans classement, le dossier ne passe pas. Notre page sur les conditions détaille la démarche.
- 8
Le certificat de visite et contre-visite médicale
Moins de 3 mois, attestant que vous êtes « indemne de toute affection ouvrant droit à un congé de longue durée ». Pour les corps militaires et paramilitaires, il doit être délivré par un médecin militaire — comptez le déplacement et l'attente dans votre calendrier.
- 9
Les pièces de forme et la quittance
Copie certifiée de la CNI, photos d'identité, enveloppe timbrée à votre adresse, et la quittance des frais d'inscription. Payez exactement le montant de l'avis, par le canal que l'avis désigne — quittance, compte bancaire indiqué ou télépaiement officiel — et gardez la preuve. Tout autre circuit de paiement est un signal d'arnaque.
Les pièges qui éliminent avant l'épreuve
Premier piège : la validité des pièces au jour du dépôt. Un casier ou un certificat médical de plus de 3 mois entraîne le rejet, même si tout le reste est parfait. Deuxième piège : les fenêtres d'inscription courtes. Entre l'avis et la clôture, il se passe parfois quelques semaines seulement — trop peu pour obtenir un certificat de nationalité en partant de zéro. D'où notre conseil de préparer les pièces lentes avant même la publication de l'avis.
Troisième piège, le plus cruel : le dossier incomplet est classé sans suite, sans relance. Personne ne vous appellera pour signaler une pièce manquante. Relisez la liste de l'avis ligne par ligne, faites-la vérifier par quelqu'un d'autre, et évitez le dépôt du dernier jour : en cas de problème, vous n'aurez aucune marge. Notez aussi que certains textes limitent le nombre de tentatives — au CFJ, « nul ne peut se présenter plus de trois fois » aux concours (décret 2019-413, art. 38). Un dossier bâclé peut donc coûter plus qu'une session.
Quatrième famille de pièges : l'argent et l'état civil. Les frais d'inscription ne sont pas remboursables, même si vous êtes recalé sur dossier. Les légalisations de signature et copies certifiées prennent du temps et se font aux heures d'ouverture des mairies et commissariats. Et certains concours militaires exigent un certificat de célibat — c'était le cas du recrutement ESOGN 2026 : les candidates mariées doivent le savoir avant d'engager des frais.
Dernier point : le dépôt lui-même change de forme. Le CFJ exige les dossiers au moins 45 jours avant les épreuves (art. 35 du décret 2019-413), l'ENA n'accepte plus que l'inscription en ligne, et la session ESOGN 2026 était entièrement dématérialisée. Lisez la modalité de dépôt de chaque avis comme une pièce du dossier à part entière. Pour la suite du parcours, direction les pages ENA, CFJ ou le sommaire du dossier.
On vous promet une place à un concours ? Faites vérifier avant de payer.
Dites-nous le concours visé, votre diplôme et votre année de naissance. Un conseiller SenCampus vous aide à retrouver l'avis officiel sur le site du corps concerné, à vérifier que vous remplissez les conditions d'âge et de diplôme, et à repérer les formations qui préparent réellement à l'épreuve — avant que vous ne versiez le moindre franc à qui que ce soit.
Questions fréquentes
Combien de temps mes pièces restent-elles valables ?
La règle qui revient partout : 3 mois au jour du dépôt pour le casier judiciaire (bulletin n° 3), le certificat de visite et contre-visite et, souvent, les extraits de naissance des concours militaires ; 6 mois pour l'extrait de naissance selon l'article 21 de la loi 61-33. Chaque avis précise ses délais : c'est lui qui fait foi.
Que se passe-t-il si mon dossier est incomplet ?
Il est classé sans suite, sans relance : vous ne serez ni prévenu ni invité à compléter. Et les frais d'inscription déjà payés ne sont pas remboursés. La seule parade est la relecture systématique de la liste de l'avis, pièce par pièce, avant le dépôt — et un dépôt suffisamment tôt pour corriger un oubli.
Puis-je utiliser le même dossier pour plusieurs concours ?
Chaque concours exige son propre dépôt, avec ses frais et sa liste de pièces. En pratique, des pièces encore valables (moins de 3 mois) peuvent servir à plusieurs dossiers si vous en avez demandé plusieurs exemplaires certifiés — c'est d'ailleurs le bon réflexe. Mais rien n'est mutualisé entre administrations : comptez un dossier complet par candidature.
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