Après la licence : les 4 voies possibles, et comment décider
Quatre chemins s'ouvrent après les 180 crédits de la licence : lequel correspond à votre situation ?
Une licence, quatre chemins possibles
Six semestres, 180 crédits validés : la licence sénégalaise (décret n° 2012-1114) n'est pas un point d'arrivée, c'est un carrefour. Beaucoup d'étudiants arrivent à ce carrefour en pensant qu'un seul chemin existe — « continuer en master » — parce que c'est le plus visible et le plus discuté autour d'eux. En réalité, quatre voies sont réellement praticables avec une licence en poche : poursuivre en master, préparer un concours pour intégrer une école ou la fonction publique, chercher un emploi directement, ou partir étudier ailleurs. Aucune n'est supérieure aux autres dans l'absolu — chacune suppose des démarches différentes, et certaines se préparent bien avant la fin de la L3.
Les 4 débouchés en un coup d'œil
Un aperçu rapide de ce que suppose chaque voie, et de la première démarche à engager.
| Ce que ça suppose | Pour commencer | |
|---|---|---|
| Continuer en master | Une licence dans un domaine compatible avec le master visé, une sélection sur dossier (parfois un test) propre à chaque établissement | Suivre les appels à candidatures publiés par l'université ou l'école visée |
| Préparer un concours (école, fonction publique) | Un niveau d'accès qui varie totalement d'un concours à l'autre — licence pour certains, master ou maîtrise pour d'autres | Identifier le concours visé et vérifier son niveau d'accès exact avant de s'y projeter |
| Chercher un emploi | Un marché où l'emploi salarié classique n'est pas la norme dominante | Construire réseau et expérience dès la L3 : stages, projets, jobs étudiants |
| Partir étudier à l'étranger | Une procédure complète : dossier, parfois entretien, financement, visa | Ouvrir un dossier Campus France, une demande de bourse ou une candidature directe, plusieurs mois à l'avance |
Le master : la suite la plus fréquente, pas la plus automatique
C'est la voie la plus empruntée, et c'est aussi celle qui entretient le plus d'idées fausses. Le décret n° 2012-1115 ouvre le master aux titulaires d'une licence dans un domaine compatible avec le master visé — pas nécessairement à l'intitulé identique. Mais l'admission n'est pas un droit automatique : chaque établissement fixe ses propres modalités (dossier, test, capacité d'accueil) via ses instances délibérantes, et les places sont réellement limitées, y compris pour les licenciés « maison ». Aucune mention minimale (assez bien, bien) n'est en revanche exigée par les textes — c'est un réflexe importé d'ailleurs, pas une règle sénégalaise. Voir Master au Sénégal : l'admission n'est jamais automatique.
Un concours pour intégrer une école ou la fonction publique
Deuxième voie, souvent sous-estimée : les concours d'entrée dans une école ou directement dans la fonction publique. Le niveau exigé varie énormément d'un concours à l'autre, et confondre les seuils coûte cher en préparation perdue. Le concours de greffiers du Centre de formation judiciaire (CFJ) s'ouvre avec une simple licence, tout comme plusieurs disciplines du concours d'élèves-professeurs de la FASTEF. À l'inverse, le concours d'auditeurs de justice (magistrature) exige au moins un master ou une maîtrise en sciences juridiques. L'École nationale d'administration (ENA) demande une maîtrise ou un diplôme classé au moins A3 par la Fonction publique — la question de savoir si une licence LMD suffit seule à ce niveau n'est pas tranchée à ce jour, mieux vaut donc viser un master si l'ENA est l'objectif. Le panorama complet des concours et de leurs conditions est sur le dossier concours et écoles de la fonction publique.
Chercher un emploi directement
Troisième voie, la plus immédiate : entrer sur le marché du travail sans poursuivre d'études. Le contexte mérite d'être regardé sans naïveté : l'emploi salarié classique — le « CDI cadre » — reste minoritaire au Sénégal, une bonne partie des actifs travaillant à leur compte ou dans l'informel. Cela ne veut pas dire qu'une licence ne sert à rien sur le marché du travail, mais que la recherche d'emploi se prépare comme un projet à part entière : réseau, stages effectués pendant la licence, secteurs qui recrutent réellement (services, commerce, télécoms, banques et assurances, ONG). Notre article Premier emploi en Afrique : les pièges à éviter après les études détaille cette voie.
Partir étudier ailleurs
Quatrième voie : quitter le Sénégal pour poursuivre en master ou au-delà. La France reste une destination majeure, via la procédure Campus France « Études en France », accessible dès la L3 en cours ou la licence en poche. Le Maroc propose des bourses AMCI gérées par la Direction des bourses du MESRI. D'autres destinations — Turquie, Chine, Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Belgique, Suisse — ont chacune leur propre circuit. Le panorama complet des bourses par pays est rassemblé dans le dossier bourses d'études.
Ce qui se prépare dès la L3
Le point le plus concret de ce panorama : les fenêtres de candidature de ces quatre voies se chevauchent presque toujours avec les examens de L3. D'une année sur l'autre, les grandes périodes reviennent dans le même ordre — dossiers pour la France à l'automne, appels à candidatures de certains concours et masters en début d'année, campagnes de bourses étrangères vers le printemps, puis le gros des appels à candidatures en master une fois les résultats de licence connus. Les dates exactes changent chaque année : ce qui ne change pas, c'est l'intérêt de préparer ses pièces — relevés de notes, attestation, CNI, passeport — dès le premier semestre de L3, avant que les échéances ne se superposent aux révisions.
Vous ne savez pas quoi faire après votre licence ?
Dites-nous votre filière, votre université et ce qui vous attire — poursuite d'études, concours, emploi ou départ. Un conseiller SenCampus vous aide à y voir clair et vous indique où sont publiés les appels qui vous concernent.
Questions fréquentes
Le master est-il la suite obligatoire après une licence ?
Non. C'est la voie la plus fréquente, mais trois autres sont réellement praticables : préparer un concours pour intégrer une école ou la fonction publique, chercher un emploi directement, ou partir étudier à l'étranger. Le bon choix dépend de votre projet, pas d'un enchaînement automatique.
Une licence suffit-elle pour candidater en master ?
Il faut une licence dans un domaine compatible avec le master visé. Chaque établissement fixe ensuite ses propres modalités d'admission — dossier, parfois test — et la sélection est réelle, les places étant limitées. Rien n'est automatique, même pour un licencié de l'établissement visé.
Faut-il une mention particulière (assez bien, bien) pour être admis en master ?
Non, aucune mention minimale n'est exigée par les textes en vigueur. C'est une idée reçue, importée d'un autre système. En pratique, un bon dossier aide face à des places limitées, mais aucun texte sénégalais n'impose de seuil de mention.
Peut-on passer un concours de la fonction publique avec seulement une licence ?
Cela dépend entièrement du concours. Le concours de greffiers (CFJ) et plusieurs disciplines du concours FASTEF s'ouvrent avec une licence. D'autres, comme la magistrature ou l'ENA, exigent un master ou une maîtrise. Vérifiez toujours le niveau exact exigé par le concours visé avant de vous projeter.
Quand faut-il commencer à préparer sa candidature (master, concours, étranger) ?
Dès le premier semestre de L3. Les fenêtres de candidature de la plupart de ces voies s'ouvrent avant même l'obtention de la licence et se chevauchent avec les examens : mieux vaut avoir ses pièces (relevés, attestation, CNI, passeport) prêtes en avance plutôt que de les rassembler dans l'urgence.
Que faire si on n'a pas encore de plan précis à la sortie de la licence ?
Rien d'anormal à cela : les quatre voies restent ouvertes plusieurs mois après l'obtention de la licence, et certaines campagnes (masters, concours) se répètent chaque année. Le plus utile est de se renseigner tôt sur les options qui existent réellement, plutôt que de se fixer par défaut sur la première entendue autour de soi.
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