Bachelor au Sénégal : ce qu'il vaut, et comment le vérifier

Publié le 16 août 20264 min. de lecture
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Super Admin Lika

Rédaction SenCampus

Bachelor au Sénégal : ce qu'il vaut, et comment le vérifier

« Bachelor » n'est pas un diplôme d'État sénégalais — l'équivalent officiel est la licence. La valeur réelle dépend de l'habilitation de l'établissement et de l'accréditation ANAQ-Sup (ou reconnaissance CAMES) du programme précis, pas de son nom commercial.

Le « Bachelor » n'est pas un diplôme d'État au Sénégal

Beaucoup d'écoles privées de Dakar proposent des cursus de trois ou quatre ans baptisés « Bachelor ». Le mot est emprunté au monde anglo-saxon : il ne correspond à aucun texte de loi sénégalais. La loi n° 2011-05 du 30 mars 2011 et les décrets qui organisent le système LMD au Sénégal ne connaissent que trois grades : la licence, le master et le doctorat. « Bachelor » n'y figure nulle part.

Le diplôme d'État qui couvre le même niveau (trois ans après le bac, 180 crédits) est la licence. Sa structure — semestres, unités d'enseignement, crédits, règles de passage — est détaillée dans nos fiches sur le système LMD au Sénégal et sur le LMD dans l'enseignement supérieur.

Ce qui fait la valeur d'un Bachelor, ce n'est pas son nom

Qu'une école appelle son cursus « Bachelor », « Licence » ou autrement ne change rien à sa valeur réelle. Ce qui compte, selon le décret n° 2015-582 du 11 mai 2015 relatif à la reconnaissance, au classement et à l'équivalence des diplômes de l'enseignement supérieur, c'est que le diplôme remplisse deux conditions cumulatives (article 1er) : être délivré par un établissement habilité ou agréé par le ministère de l'Enseignement supérieur, et être accrédité par l'ANAQ-Sup ou reconnu par le CAMES (l'organisme inter-États qui réunit une vingtaine de pays africains, dont le Sénégal).

Trois démarches distinctes se cachent derrière ces mots, et un établissement peut être en règle sur l'une et pas sur les autres :

  • L'agrément (Direction générale de l'Enseignement supérieur, DGES) autorise l'établissement à ouvrir. En juillet 2026, la DGES a rappelé qu'un établissement qui fonctionne sans agrément s'expose à une fermeture immédiate.
  • L'habilitation (arrêté du ministre, valable dix ans) autorise l'établissement à délivrer des diplômes au format LMD.
  • L'accréditation (ANAQ-Sup, par programme, valable cinq ans) porte sur un intitulé précis, pas sur l'établissement entier — un établissement habilité peut avoir des programmes non accrédités.

Deux exemples réels, lus sur les pages officielles

Sur son rapport d'habilitation publié par l'ANAQ-Sup (octobre 2023), Montpellier Business School Dakar — pourtant une « business school » au sens anglo-saxon — sollicite l'autorisation de délivrer des diplômes de « licences et masters », pas de « bachelors ». Même chose sur la page ANAQ-Sup consacrée à l'Institut Africain de Management (IAM) de Dakar : le programme qui y apparaît est un « Master » (Qualité, Sécurité, Environnement et RSE), sous son intitulé LMD, pas la marque commerciale utilisée dans la brochure de l'école.

Autrement dit : le nom qui compte pour la reconnaissance n'est pas forcément celui qui figure sur la plaquette. C'est l'intitulé exact inscrit sur la fiche ANAQ-Sup qu'il faut vérifier.

Comment vérifier avant de payer

Avant d'inscrire un candidat dans un « Bachelor », quatre vérifications, dans cet ordre :

  1. L'établissement est-il agréé ? En cas de doute, la DGES du ministère de l'Enseignement supérieur peut confirmer.
  2. Est-il habilité à délivrer des diplômes LMD ? La liste, avis favorables et défavorables, est publiée sur anaqsup.sn/habilitations.
  3. LE programme visé est-il accrédité ? La base anaqsup.sn/acreditations liste les programmes accrédités, établissement par établissement — vérifiez l'intitulé exact, pas seulement le nom de l'école.
  4. Le diplôme est-il reconnu par le CAMES ? Répertoire sur lecames.org/diplome_cames.

Entre 2020 et 2023, selon l'ANAQ-Sup, 58 établissements privés sur 75 évalués ont obtenu l'habilitation (77 %), et 218 programmes sur 279 soumis ont été accrédités (78 %) — l'échec à l'une de ces étapes n'a donc rien d'exceptionnel. D'où l'intérêt de vérifier au cas par cas plutôt que de se fier à la réputation de l'école.

Méthode complète : notre dossier École privée : vérifier que le diplôme est reconnu avant de payer.

Poursuivre vers un master public après un Bachelor

L'accès à un master relève du décret n° 2012-1115 : il faut « soit un diplôme de licence dans un domaine compatible […] soit un diplôme admis en dispense ou en équivalence » (article 8).

Un Bachelor n'étant pas une licence, son titulaire doit passer par une équivalence — et l'article 8 est explicite sur ce point pour tout le monde : « l'admission n'est pas automatique. Elle se fait par test et/ou examen de dossier. »

Il n'existe pas, à notre connaissance, de grille publique qui fixerait par exemple qu'un Bachelor en quatre ans « vaut » un bac+4 pour l'accès en M2 : chaque dossier est examiné au cas par cas.

Bachelor et concours de la fonction publique

Pour faire valoir un Bachelor dans une carrière ou un concours publics, la voie est la Commission technique de Reconnaissance, de Classement et d'Équivalence des diplômes (CRCE), rattachée au ministère chargé de la Fonction publique. Le dossier demande notamment : une lettre au ministre, une copie légalisée du diplôme et du bac, les relevés de notes, un descriptif du programme (durée, volume horaire, crédits, modalités de délivrance — à demander à l'école) et un CV. Contact : CNFPLF, 101 Sacré-Cœur VDN Pyrotechnique, Dakar — cnfplf.gouv.sn.

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