Secondaire général, secondaire technique ou formation professionnelle : ce qui s'ouvre réellement après le Brevet de fin d'études moyennes, les conditions d'orientation en seconde et les concours de niveau BFEM.
Le BFEM — Brevet de fin d'études moyennes — sanctionne la fin du cycle moyen, à l'issue de la classe de 3e. Ce n'est pas seulement un diplôme : c'est le moment où votre parcours se sépare en trois voies distinctes, avec des procédures différentes et des calendriers différents.
Cet article a été entièrement réécrit. Sa version précédente décrivait le système français — « seconde générale et technologique », « voie professionnelle », classes de 2de, 1re et terminale organisées à la française. Rien de tout cela ne correspond à la procédure sénégalaise.
Ce qu'est le BFEM, et ce qu'il ouvre
Le BFEM est organisé par le ministère de l'Éducation nationale, via sa Direction des examens et concours. Son cadre est fixé par le décret n° 2004-912 du 13 juillet 2004, qui a remplacé le décret de 1984. Peuvent s'y inscrire les élèves de 3e des établissements publics ou privés reconnus, et les candidats libres, qui doivent justifier du niveau de 3e et s'adresser à leur inspection de l'éducation et de la formation (IEF).
Un détail qui compte pour la suite : l'examen comporte un premier et un second groupe, et le groupe dans lequel vous avez réussi figure sur votre fiche d'orientation. Il pèse donc dans la décision d'orientation.
D'après les chiffres annoncés par la Direction des examens et concours, la session 2025 a réuni 191 810 candidats inscrits, pour un taux de réussite national de 78,59 %, en hausse de 4,65 points par rapport à 2024.
Le BFEM sert à deux choses : il conditionne l'orientation en seconde, et il est le diplôme d'accès à plusieurs concours de la formation professionnelle.
Les conditions pour être orienté en seconde
L'orientation vers l'enseignement secondaire général n'est pas automatique. Quatre conditions sont requises :
- une moyenne annuelle d'au moins 9,5/20 ;
- obtenir le BFEM ;
- un avis favorable du conseil de classe, qui tient compte des performances, de la conduite et de l'assiduité ;
- être âgé de 19 ans au maximum au 31 décembre de l'année de la classe de 3e.
Une tolérance existe : un élève ayant une moyenne d'au moins 10/20 mais ayant échoué au BFEM peut être proposé à l'orientation. Ce n'est pas un droit, c'est une possibilité encadrée par les circulaires annuelles.
Autre point à connaître : les élèves du public sont orientés en priorité. Les élèves du privé admis au premier groupe relèvent des mêmes conditions ; ceux du second groupe sont orientés dans la limite des places disponibles, par ordre de mérite. Seuls les élèves de 3e sont orientables.
La procédure : la fiche d'orientation
Une fiche d'orientation est remise à tous les élèves de 3e. Elle est remplie avec les propositions du conseil de classe et les vœux de l'élève et de ses parents, puis signée par le chef d'établissement, qui y indique le groupe de réussite au BFEM.
L'élève y précise ses options en seconde (langues vivantes, y compris une éventuelle seconde langue commencée à ce niveau), le lycée polariseur — le lycée auquel son collège est rattaché — et le lycée demandé. Les dossiers sont transmis par les IEF, et l'inscription se fait dès réception de l'avis d'orientation : ne pas attendre.
Les commissions d'orientation travaillent sous la direction technique des CAOSP, les centres académiques d'orientation scolaire et professionnelle. Voir comment fonctionne l'orientation au Sénégal.
Voie 1 — L'enseignement secondaire général
Les séries actuelles, dans leurs intitulés officiels :
- Langues et sciences sociales : L1 « Langues et civilisations anciennes » (L1a, L1b), L'1 « Langues et civilisations modernes », L2 « Sciences sociales et humaines » ;
- Sciences et techniques : S1 « Sciences exactes », S2 « Sciences expérimentales », S3 « Sciences et techniques », S4 « Sciences et technologie de l'agriculture et de l'environnement », S5 « Sciences et technologie du produit agroalimentaire » ;
- Franco-arabe : LA « Littératures et civilisations arabes », S1A « Mathématiques et sciences physiques », S2A « Sciences expérimentales ». Les élèves y suivent les mêmes disciplines que dans le général, avec en plus la langue arabe et l'éducation religieuse ; ce bac ouvre l'accès aux universités sénégalaises.
Nos fiches détaillées : le bac scientifique (S1 à S5) et le bac littéraire.
Voie 2 — L'enseignement secondaire technique
L'orientation vers le technique est traitée à part, par une commission nationale d'orientation de l'enseignement technique, qui se réunit habituellement dans la première quinzaine du mois d'août et couvre les séries S3, S4, S5, F6, STIDD et STEG.
Deux conséquences pratiques : les lycées techniques sont peu nombreux, donc l'orientation se fait en fonction des places disponibles et de critères d'excellence ; et les élèves non retenus sont réorientés vers le général par leur commission académique. Pour la série STEG, la sélection s'appuie sur de bonnes performances en 3e et un bon niveau en mathématiques.
Sur les intitulés, l'essentiel tient en deux phrases : la série STEG (Sciences et technologies de l'économie et de la gestion) a remplacé la série G ; la série STIDD (Sciences et technologies de l'industrie pour le développement durable), en deux options — STIDD1, ex-T1, génie mécanique, et STIDD2, ex-T2, génie électrique — a remplacé les séries T1 et T2.
Mais la transition n'est pas terminée : l'Office du baccalauréat publie encore des épreuves T1, T2 et F6 en 2025 comme en 2026, à côté de STEG et STIDD. Les deux systèmes coexistent. Notre fiche : le bac technique, et l'ancienne série G devenue STEG.
Voie 3 — La formation professionnelle : des concours, pas une inscription
C'est la voie la moins connue, et celle où l'on se trompe le plus, parce qu'on n'y entre pas en s'inscrivant : on y entre sur concours. Ces concours sont organisés par la Direction des examens, concours professionnels et certifications (DECPC) du ministère chargé de la Formation professionnelle. Les inscriptions se font exclusivement en ligne, sur decpc.sn, avec paiement des frais avant la clôture.
Ce qui est réellement accessible avec un BFEM :
- Le BTI, brevet de technicien en industrie. Conditions : être sénégalais, être titulaire du BFEM ou d'un diplôme équivalent, avoir 23 ans au plus au 31 décembre (des dérogations existent, et il n'y a pas de limite d'âge pour les titulaires de la carte d'égalité des chances). Les élèves de 3e peuvent concourir avec un certificat de scolarité, sous réserve d'obtenir le BFEM. Épreuves : français et mathématiques, puis des tests psychotechniques. Options offertes : mécanique automobile, ouvrages métalliques, chaudronnerie-tuyauterie, analyses biologiques, électromécanique, électrotechnique, bâtiment — dans des établissements comme le lycée technique industriel Maurice Delafosse, le CFPT Sénégal-Japon, le lycée Seydina Limamou Laye de Pikine, le CFPJ-YMCA, le CEP de Thiès ou le lycée technique Ahmadou Bamba de Diourbel.
- Le BT, brevet de technicien, dans plusieurs spécialités : comptabilité et secrétariat bureautique (accessibles avec le BFEM, le CAP, le BEP ou un équivalent, 23 ans au plus), habillement (BFEM ou CAP en habillement), ou encore gestionnaire forestier au centre de Bounkiling (16 à 25 ans, BFEM ou BEP).
- Le BEP, brevet d'études professionnelles : un concours d'entrée en première année existe bien — à la différence de la France, où le BEP a disparu. Renseignez-vous sur les conditions exactes auprès de la DECPC ou d'un CAOSP, elles varient selon les options.
- Les centres sectoriels recrutent aussi sur concours dans des domaines précis : métiers portuaires et logistique, industrie agroalimentaire, BTP et maîtrise de l'énergie, mécanique et engins motorisés, tourisme et restauration, horticulture, aviculture, génie rural.
Attention à une confusion fréquente : le BTS n'est pas accessible après le BFEM. Il se prépare après le baccalauréat ou après un BT.
Côté financement, deux organismes structurent l'écosystème : l'ONFP, établissement public créé par la loi n° 86-44 du 11 août 1986, et le 3FPT, fonds de financement de la formation professionnelle et technique créé par le décret n° 2014-1264 du 7 octobre 2014, qui finance notamment la formation des jeunes en quête de qualification.
Ce qui ne s'applique pas au Sénégal
Si vous lisez ailleurs l'un de ces éléments, vous lisez une description du système français :
- la « seconde générale et technologique » ou « seconde de détermination » : au Sénégal, l'orientation se fait directement vers des séries ;
- le « brevet des collèges » : l'examen sénégalais est le BFEM, et le cycle s'appelle le moyen ;
- « le BEP a été supprimé » : vrai en France, faux au Sénégal, où examens et concours du BEP sont toujours organisés ;
- les séries françaises (ES, STMG, STI2D…). Attention en particulier : STIDD n'est pas STI2D.
Où se renseigner, concrètement
Trois portes, selon la voie visée : le CAOSP de votre académie pour un conseil d'orientation (coordonnées sur cnosp.gouv.sn), votre IEF pour tout ce qui touche à l'examen et à la fiche d'orientation, et la DECPC pour les concours de la formation professionnelle, dont le calendrier est republié chaque année.
Et pour anticiper la suite — ce que chaque série ouvre après le bac — commencez par Après le bac au Sénégal et le guide complet de l'orientation.
Sources : CNOSP, fiche « Études après la 3ème » et missions (cnosp.gouv.sn) ; décret n° 2004-912 du 13 juillet 2004 portant création et organisation du BFEM ; ministère chargé de la Formation professionnelle et technique — calendrier des examens, concours professionnels et certifications 2026 et avis de concours de la DECPC (formation.gouv.sn, decpc.sn) ; Office du baccalauréat (officedubac.sn), épreuves des sessions 2025 et 2026 ; ONFP (onfp.sn) ; chiffres du BFEM 2025 annoncés par la Direction des examens et concours.
Les dates d'examen, de concours et d'inscription changent chaque année : vérifiez-les auprès de votre IEF, de votre CAOSP ou de la DECPC.







